L’ enfant sourd est avant tout un enfant.

Comme pour tout enfant, il faut lui procurer des conditions favorables de développement, dans tous les domaines, psychologique, affectif, cognitif, social.

Respecter cet enfant, accepter sa surdité,

  • c’est lui permettre de construire son identité sourde
  • c’est donc lui procurer très tôt, dès la petite enfance, l’accès à la langue des signes par laquelle il va structurer sa pensée, développer sa personnalité, acquérir des connaissances.
  • c’est aussi lui permettre de rencontrer d’autres enfants et adultes sourds, pour qu’il puisse s’identifier, se repérer, s’imaginer, accéder aux lieux où vit la langue des signes pour développer ses compétences linguistiques et s’ épanouir socialement.

En opposition à l’image habituelle attachée à la surdité (déficience, handicap, isolement, incapacité), en particulier dans les milieux dits spécialisés, les parents de l’APES proposent donc un autre regard sur l’enfants sourd.

L’enfant sourd a simplement il a une perception visuelle du monde et donc il s’exprime dans une autre langue, visuelle et gestuelle, la langue des signes.

  • Si on lui donne la possibilité de se développer et de structurer sa pensée et son intelligence dans cette langue, il deviendra un enfant comme les autres, capable d’apprendre, de comprendre, de dire.
  • Si on lui permet d’établir de vraies relations, de rencontrer d’autres sourds, enfants et adultes, il pourra mener une vie sociale épanouie et autonome.
  • Si on lui offre une scolarité adaptée, c’est-à-dire en langue des signes mais en milieu ordinaire, il pourra acquérir des connaissances et des savoirs-faire, et en premier lieu une maîtrise réelle du français, sans d’autres limitations que celles de ses capacités et de sa motivation.
  • Si on lui permet d’avoir accès aux informations et à la culture, il deviendra un citoyen, bien intégré et responsable de ses actes.

Ce sont ces conditions que l’APES veut voir respectées, en agissant auprès des pouvoirs publics et en informant les parents.

L’arrivée d’un enfant sourd dans une famille crée un profond bouleversement. Surtout si les parents sont entendants et n’y ont pas été préparés.

Pourtant les choses pourraient se passer beaucoup plus simplement et plus naturellement, si certaines dispositions étaient rapidement prises. D’autant que, maintenant, le dépistage de la surdité intervient souvent dès les premiers mois, à une période où l’enfant n’a pas encore de langage élaboré.

Pour les parents :

– rencontrer d’autres parents, des sourds, pour « comprendre ce qui leur arrive » , pouvoir exprimer leur douleur, leur angoisse, leurs interrogations et recevoir des informations dédramatisées sur la surdité. Les stages parents sont des lieux privilégiés pour cela.

– apprendre à se comporter avec leur enfant, à communiquer en privilégiant le contact, la communication gestuelle.

– commencer, le plus vite et le plus tôt possible, à apprendre la langue des signes. Il est souhaitable que cet apprentissage soit étendu à tous les membres de la famille (frères et soeurs)

Pour l’enfant :

– avoir des parents qui ne se transforment pas en statues, non communiquantes, « parce que de toute façon ,il n’entend pas « .

– bénéficier d’un bain de langue des signes, en rencontrant des adultes sourds et d’autres enfants sourds et en fréquentant des lieux où vit la langue des signes, et grâce aux cours de langue des signes suivis par ses parents.

Plus tard, certaines adaptations techniques faciliteront la communication et l’accès aux informations :
– avertisseurs lumineux sur la sonnette d’entrée et sur le téléphone,
– minitel, pour la communication directe par écrit (36 18) ou pour la messagerie minicom (36 12),
– boitier pour l’affichage du sous-titrage des émissions TV.
– magnétoscope pour l’enregistrement de ces émissions et pour favoriser l’information visuelle.
– etc …

Pour la vie en famille, en particulier aux moments où elle est réunie (repas, …), il n’y a pas de règles strictes, à part un souci d’assurer la communication la plus riche et la plus naturelle possible. Chaque famille s’adapte en fonction de son style de vie, du mode d’éducation, du rang de l’enfant, etc…
La maîtrise de la langue des signes par les parents restaure une situation normale où chaque personne, parent, enfant sourd, frère et soeur, retrouve son rôle habituel, sans focalisation excessive sur l’enfant sourd ni exception ou passe droit dans son respect des règles de vie commune.

Ayant fait un choix d’éducation bilingue, qui met l’accent sur l’importance de la langue des signes, outil de communication mais surtout langue par laquelle l’enfant va construire son identité, structurer sa pensée, se socialiser et acquérir des connaissances, les parents veulent que le système scolaire soit cohérent avec leur choix de vie.

Pour leur enfant sourd, comme pour tout enfant, la scolarité doit viser 3 objectifs :

  • développement et épanouissement de la personnalité de l’enfant,
  • acquisition des connaissances et de savoirs-faires
  • apprentissage de la vie sociale et de la citoyenneté.

Pour favoriser la socialisation, les enfants doivent être regroupées en classes d’élèves sourds.

Pour permettre l’intégration dans la société majoritairement entendante, ces classes doivent être intégrées dans des établissements ordinaires et avoir le même fonctionnement que les autres classes.

Pour que les conditions normales d’apprentissage soient réunies (langue de communication « inconsciente », compréhension des messages et des explications, interaction), la langue d’enseignement doit être la langue des signes.

Comme l’enfant est encore en train de construire cette langue, la langue des signes doit aussi être une matière à part entière, dont l’enseignement est prévu dans l’emploi du temps, de la maternelle à la terminale.

Pour de nombreuses raisons, différentes suivant l’âge de l’enfant et suivant le niveau scolaire, il est évident qu’il est très préférable que les enseignants soient eux-mêmes sourds. Ils doivent être de vrais enseignants, formés et compétents dans la matière qu’ils enseignent et en pédagogie.

Ces principes sont ceux des classes LSF que les parents ont contribué à créer en 1985, qui ont été gérées par IRIS et maintenant reprises par l’Education Nationale et intégrées au dispositif scolaire ordinaire, en partenariat avec IRIS.

Pour que les classes LSF fonctionnent bien et que les élèves sourds en tirent le meilleur profit, il faut mettre en place un environnement cohérent :

Education précoce

  • Les parents doivent pouvoir s’engager très tôt dans un projet bilingue et l’enfant doit acquérir la langue des signes en suivant le processus normal d’acquisition d’une langue, c’est-à-dire dès la naissance. Une langue ne s’apprend pas à l’école.
    • IRIS prépare la mise en place d’un service d’éducation précoce

Parents bilingues

Les parents doivent eux-mêmes devenir bilingues.

  • Cours de LSF : ils doivent être accessibles et conçus pour permettre l’acquisition d’une 1ère langue par l’enfant, via ses interactions avec ses parents.
    • Les parents peuvent suivre des cours de LSF à IRIS.
    • Des week-ends spécifiques aux parents sont organisés par l’APES pour apprendre à raconter des contes en LSF.
  • Cours de français : les parents sourds ayant souvent eu une scolarité inadaptée, ils doivent pouvoir bénéficier, si nécessaire, d’une formation leur permettant de posséder une aisance suffisante en français.
    • IRIS a déjà organisé des stages de lutte contre l’illettrisme.

Environnement

  • Les enfants (ainsi que leurs familles) doivent avoir accès à des lieux de vie de la LSF, où ils pourront renforcer la construction de leur identité et leur acquisition d’une langue riche, vécue et variée. Ils doivent aussi avoir accès à des lieux de culture variés. Comme la langue, la culture générale ne s’apprend pas seulement à l’école.
    • APES organise des activités de rencontre, petit déjeuner, …
    • D’autres associations proposent des activités familiales ou culturelles, ou des activités pour enfants : Mains en fêtes, Entre Signe, Ca parle ça signe, Sign’Loisirs.

Accompagnement du projet

  • Tant que la scolarité en LSF ne sera pas complètement intégrée dans le dispositif ordinaire de l’EN, tout projet de classe LSF doit être accompagné par une équipe spécifique de suivi où les parents doivent être très présents.
    • L’APES participe activement au suivi des classes, dans le cadre d’un partenariat avec le rectorat de Toulouse et IRIS.

OBJECTIFS GENERAUX

  • Construction de l’identité de l’enfant sourd dans le respect de sa différence.
  • Structuration de la personnalité et développement des compétences.
  • Acquisition d’un réel bilinguisme : langue des signes – français.
  • Acquisitions scolaires et culture générale
  • Insertion sociale.

Principes-image 

OBJECTIFS SCOLAIRES

Programmes officiels + Langue des Signes et pédagogie particulière pour le français.

Objectifs :

Les mêmes niveaux, au même âge, avec la même charge de travail.

Information sur l’accessibilité en LSF aux familles

– Accessibilité en LSF des administrations

– Des entreprises et association au service de l’accessibilité

– Associations culturelle

– Santé

 

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